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appel communication colloque 2016 quand les femmes s’écrivent dans le monde

quand les femmes s’écrivent dans le monde
autobiographie féminine et souci du monde

14-15 octobre
Appel à communications conférence internationale


Colloque international consacré à l’autobiographie féminine
14-15 octobre 2016
Lieu : Université Paris Ouest Nanterre UFR LCE bâtiment V
Organisation : Groupe FAAAM CREA EA 370
Corinne Bigot, Claire Bazin, Nicoleta Alexoae

Keynote speaker : Victoria Stewart, University of Leicester
Programme en cours d’élaboration

Participants : Elisabeth Bouzonviller Université de Saint Etienne, Dilek Direnc, Ege University, İzmir, Turkey ; Sandra Dufour, Université de Bourgogne ; Hajer Elharem, Higher Institute of applied Languages of Moknine, Tunisia ; Puin Chia Feng, Department of Foreign Languages and Literatures at National Chiao Tung University (NCTU) Taiwan ; Shanon Finck University of West Georgia ; Amaryllis Gaciopo, University of Bologna (Italy), and Monash University (Australia) ; Rodolphe Gauthier Université Paris IV Sorbonne ; Stéphanie Genty, université d’Evry ; Roslaie Ghanem, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle ; Catherine Morgan Proux, université Blaise Pascal, Clermont 2 ; Eleanora Rao, universita di Salerno Italie, Florian Reviron Piegay, Université Saint Etienne, Sophie Riemenschneider, City University of New York ; Pnina Rosemberg, Technion, Haifa and Jezreel Valley Academic College, Israel. ; Anissa Talahite Moodley, University of Toronto ; Maria Tamboukou, University of East London ; Heloise Thomas, Université Montaigne Bordeaux, Hanaa Ali Zakaria, Université de ZAGAZIG EGYPTE ; karima Zaraaoui, Paris 3

Quand les femmes s’écrivent dans le monde / Writing herself in the World

« Notre plus douce existence est relative et collective, et notre vrai moi n’est pas tout entier en nous » écrivait Jean-Jacques Rousseau (Rousseau juge de Jean-Jacques). Si l’autobiographie est bien en premier lieu l’acte réflexif du moi qui se souvient, celui-ci n’est jamais un sujet isolé, et le monde extérieur n’est pas que le décor de la réminiscence. « On ne se souvient jamais seul » affirme le sociologue Maurice Halbwachs. Monde intérieur et monde extérieur ne sont-ils pas des aspects de la même réalité ? Annie Ernaux, qui reprend la citation de Rousseau dans son Journal du dehors, se dit « porteuse de la vie des autres » et se présente comme « traversée par les autres comme une putain », car le rapport au monde n’est pas qu’une visée de la pensée mais un lien matériel et érotique. Paul John Eakin incite, dans son ouvrage How Our Lives Become Stories: Making Selves (1999), à une démystification du récit autoréférentiel envisagé comme autodiégétique, où le sujet de l’énonciation renverrait simplement à celui de l’énoncé. Eakin affirme qu’en réalité la première personne est véritablement plurielle dans ses origines et son développement ultérieur. Il propose les termes « soi relationnel » et « vie relationnelle », en arguant que toute identité est relationnelle et que toute écriture de soi se fait au croisement de la biographie et de l’autobiographie, en plaçant le sujet narrant dans un contexte plus large : famille, communauté, groupe ethnique. L’écriture de l’intériorité se conçoit également comme une inscription de l’altérité et de l’antériorité ; l’acte scriptural est non seulement un acte d’individualisation, mais également une reconnaissance de la part des autres dans la constitution de soi. Il s’agit, selon Helen M. Buss (2002), de se réapproprier le monde.
L’autobiographie, traditionnellement associée à l’idéalisme subjectif, affirme avec plus ou moins d’emphase la condition d’être dans le monde, mais les mémoires, genre particulièrement prisé par les femmes dans le monde anglo-saxon, situent le sujet dans un environnement en incluant les autres. En effet, comme le rappelle Nancy Miller (1996), les mémoires sont un genre qui ne distingue pas précisément le privé du publique, car insister sur la présence du monde extérieur représente souvent un enjeu socio-politique, culturel et/ou éthique. Il s’agit de se le réapproprier, d’investir l’espace public, de se rendre visible, donner son témoignage et porter une réflexion sur l’histoire et la société. De ce point de vue, le projet autobiographique peut se rapprocher de la sociologie et de l’histoire, qu’il complète sans s’y substituer. On pourra se demander quelle est la valeur historique de l’autobiographie. On interrogera les rapports entre autobiographie et mémoire culturelle, entre autobiographie et « contre-mémoire » (Zemon & Starn), entre autobiographie et photographie.
Outre les formes traditionnelles (écrites) du récit autobiographique, on s’intéressera également à d’autres formes de projets autobiographiques plus contemporains.
Plusieurs axes pourront être envisagés :
• Le récit autobiographique comme témoignage / réinvestissement / intervention : comment les femmes participent-elles au témoignage sur leur époque ? Quelles stratégies narratives déploient-elles pour mêler /démêler/entremêler discours individuel et discours collectif, discours privé et discours publique ? De quelle façon les femmes s’emparent-elles des récits d’événements historiques ou de « conditions d’être » ? On pourra étudier par exemple des récits de guerre, ou le récit d’esclave.
• Autobiographie et « post mémoire » (Hirsch) : intersection entre la mémoire personnelle ressentie par un sujet et mémoire impersonnelle de l’histoire. Comment les femmes qui ont grandi dans l’ombre des récits qui ont précédé leur naissance racontent-elles des traumatismes tels que guerres, exils, décolonisation, pauvreté : on pourra s’intéresser aux récits diasporiques, mémoires de vie d’ouvrières (Jeanette Winterson, Carolyn Steedman).
• Les lieux de la mémoire : quel est le rapport de l’autobiographie des femmes à l’espace-temps ? Comment le lieu du souvenir est-il mis en scène ? Quel rôle joue-t-il dans la construction de l’identité narrative ? Parmi les thèmes et genres possibles on pourra envisager la condition d’être entre plusieurs mondes, le moi et le monde postcolonial, les récits d’exil et de migration, et des formes particulières telles que le jardin monde de Jamaica Kincaid de My Garden (Book) ou les mémoires culinaires évoquant l’histoire (Myriam’s Kitchen)
• L’autobiographe sur la toile du monde : le journal en ligne nous rend-il davantage connecté au monde ou encore plus seul ?
• L’autobiographie et l’image du (moi dans le) monde : la référentialité des images mise à l’épreuve de l’écriture (photographies insérées dans le texte autobiographique comme transmission / médiation visuelle du moi et du monde, des autobiographies photographiques personnelles et politiques de Jo Spence aux « graphic memoirs », etc.

Langues des communications : anglais (langue de préférence) ou français
Date de remise des abstracts (200-400 mots, avec courte bio) = 15 juin 2016 à envoyer à
Claire Bazin : cbaz1@wanadoo.fr
Corinne Bigot : corinne.bigot@wanadoo.fr
Comité scientifique
Nicoleta Alexoae-Zagni, Istom, CREA Paris Ouest
Valérie Baisnée, Université Paris Sud, CREA Paris Ouest
Valérie Baudier, CREA, Paris Ouest
Claire Bazin, CREA, Paris Ouest Nanterre
Corinne Bigot, CREA, Paris Ouest Nanterre
Elisabeth Bouzonviller, Université de Saint Etienne
Stéphanie Genty, SLAM, Université d’Evry-Val d’Essonne
Nathalie Saudo-Welby, CORPUS Université de Picardie Jules Verne

Bibliographie indicative
Buss, Helen M. Repossessing the World: Reading Memoirs by Contemporary Women. Wilfrid Laurier University Press, 2002.
Eakin, John Paul. How Our Lives Become Stories: Making Selves. Cornell UP, 1999.


Touching the World: Reference in Autobiography. Princeton UP, 1992.
Ernaux, Annie Journal du dehors, Gallimard, 1993.
Halbwachs, Maurice. La Mémoire collective. Paris: Albin Michel, 1997.
Hirsch, Marianne and Smith, Valerie (eds). “Feminism and Cultural Memory: An Introduction.” Signs, Vol. 28, No. 1, Gender and Cultural Memory Special Issue (Autumn 2002): 1-19.
Hirsch, Marianne, Family Frames: Photography Narrative and Postmemory, Harvard UP, 1997.


“Postmemories in Exile”, Poetics Today, Vol. 17, No. 4 (1996): 659-690.
Miller, Nancy K. Bequest & Betrayal: Memoirs of a Parent’s Death. Oxford UP, 1996.
Ricœur, Paul. La mémoire, l’histoire, l’oubli. Paris: Seuil, 2000.
Turkle, Sherry. Alone Together: Why We Expect More from Technology and Less from Each Other. New York: Basic Books, 2011.
Whitlock Gillian, Soft Weapons: Autobiography in Transit, The University of Washington Press, 2007.
Zanon-Davis, Natalie and Randoph Starn, “Introduction," Representations 26, Special Issue: “Memory and Counter-Memory”, 1989,1-6.





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